| SOCHAUX - VAFC |
Ils auraient pu perdre leurs repères, s'enliser, craquer. Menés deux fois au score, les hommes de Philippe Montanier ont pourtant fait preuve d'un sang-froid remarquable et d'un réalisme extrême pour renverser la tendance et aller à la rencontre d'une victoire spectaculaire. L'investissement est de taille.
À SOCHAUX, PAR PIERRE DIÉVAL
sports@lavoixdunord.fr PHOTOS BRUNO FAVA
Les Valenciennois ont les pieds sur terre. Ils ne vont donc pas se prendre pour ce qu'ils ne sont pas, ni porter leur regard au-delà de leur champ de compétences. Même après avoir passé cinq buts à Sochaux, dont quatre en une seule mi-temps, et s'être transformés, l'espace d'une soirée complètement débridée, en combattants de l'impossible. Mais ils vont sûrement savourer, au moins le temps d'un week-end, et l'on peut imaginer que cette victoire fleuve va leur faire un bien fou.
Mauvais départ
Car s'il y a des matchs qui comptent, celui-là est assurément à ranger parmi les plus sensibles dans la mesure où il intervient après une déception (Boulogne) et où l'adversaire figure parmi ceux que les Valenciennois se doivent de maîtriser au mieux de leurs intérêts.
L'évidence saute aux yeux : VA a de la moelle et du caractère. Car il lui a fallu de sacrées ressources pour revenir deux fois à la marque après avoir été distancé d'entrée, et, dans la foulée, pour s'envoler au score de la façon que l'on sait : avec une volonté de fer, une envie immense de jouer. Tout en mettant ces vertus en exergue, Philippe Montanier ne manqua pas de souligner que « le résultat fausse souvent l'analyse d'un match », histoire de rappeler que si son équipe creva finalement l'écran en trouvant les ouvertures idoines pour mettre KO une rivale beaucoup trop laxiste défensivement, elle n'eut pas toujours cependant une trajectoire linéaire. « Le tournant du match, c'est quand les Sochaliens ont une balle de 3-2 (coup franc de Sverkos sur la barre, 58e)... Mais mon équipe a beaucoup de valeurs morales. C'est une force.
» Même si la défense valenciennoise pécha encore, sur les deux séquences de buts sochaliens, par un manque de sérénité évident (deux coups de pieds arrêtés, deux flèches décisives de Bréchet d'abord, 3e de Boudebouz, ensuite, 41e), jamais il n'y eut de rupture de faisceau au sein du groupe nordiste.
« Tout s'est joué à la force mentale », confia d'ailleurs Pujol, le double buteur. L'attaquant originaire de Franche-Comté pensait alors sûrement à son égalisation, tellement importante du début de seconde mi-temps, mais aussi sûrement au premier coup d'épée (pour le 1-1) de Sanchez. Car tout est parti de là. D'un refus de céder à l'abattement, d'une inclination à ne pas tendre l'autre joue... Plus tard, quand Sochaux laissa passer sa chance, la force collective valenciennoise éclata encore au grand jour. 3-2, 4-2, 5-2... Pour Audel, Ben Khalfallah et encore Pujol, ce scénario-là fut évidemment un vrai délice. •